Artikel geschrieben am: 01.01.70
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Résumé du livre
On ne le sait pas en France, ou on ne le dit pas, mais Georges Moustaki est aujourd'hui le chanteur français vivant le plus connu à l'étranger. On le croit à la retraite ou au soleil, il n'arrête pas de chanter, du Japon à l'Espagne, de l'Allemagne à l'Egypte, du Canada à la Russie. Il n'arrête pas non plus de composer, d'enregistrer, mais aussi de peindre, d'écrire, d'apprendre des langues ou des instruments de musique. Moustaki c'est Milord, dont Edith Piaf a fait un succès, Sarali que Serge Reggiani détaillait comme une petite pièce de théâtre et, bien sûr, 'Le Métèque' qui le rendit célèbre. C'est aussi 'Ma liberté', 'Votre fille a vingt ans', 'Ma solitude', 'Le Facteur', 'Joseph'... , des dizaines de chansons qui sont autant de standards. Louis-Jean Calvet est remonté aux origines, à cette ville mythique d'Alexandrie où Moustaki est né, pour suivre ensuite les fils des influences, des amitiés, des rencontres : le cours d'une vie.
Quelques mesures (et encore moins de notes) griffonnées sur une table de bistrot, un titre d’album qui devrait se suffire à lui-même, et les alexandrins d’un natif d’Alexandrie, comme un tendre sourire : que Youssef Mustacchi ait, le temps d’une chanson emblématique (Le Métèque), irrité au plus haut point la France réactionnaire de 1969 semble aujourd’hui invraisemblable, tant le pâtre grec a su, avec douceur et détermination, pénétrer la chanson française. Celui qu’on considéra un temps comme monsieur Piaf n’a jamais beaucoup goûté bruits et turbulences : il nous le fait savoir avec une délicate fermeté depuis trente ans. Chantre d’un anarchisme romantique (Sacco et Vanzetti) ou d’une indolence rêvée (Mendiants et Orgueilleux – il faut relire Cossery !), ici comme avant, Moustaki distille de petites chansons tournées à la main, dans un filet de voix, la proximité tendre d’un pizzicato, ou les hommages coquins (à la comédienne Emma Thompson, en présence de la dame). Jean-Claude Vannier (on dira : le meilleur arrangeur au monde) conduit à sa main (des violons comme de la soie, des guitares comme de la toile écrue) ces historiettes usuellement sépia d’un homme un peu bêta car très amoureux. On pourrait chipoter, déplorer que le swing de Quand j’étais un voyou (Elios et Boulou Ferré jouent si bien de la guitare qu’ils en deviennent agaçants) aurait pu nimber toutes les autres chansons. On retiendra plutôt ce voyage en clair-obscur, ces silhouettes qui traversent le panorama en longue dame brune, ou en quartiers enfouis dans les mémoires. On relèvera aussi qu’on parle souvent de départs, et de portes et fenêtres définitivement closes. Alors, vaguement nécrophile, on tentera même de dénicher ici un indice testamentaire (Pas un regret ne m’importune/Je suis content de ma fortune), là un solde de tout compte : (Me voici rendu à un âge/Où l’on se croit devenu sage). On se souviendra en fait que, des rives du Nil aux berges de la Seine, le temps reste doux à ceux qui savent aimer.
Christian Larrède
07 janv. 2004
Figure incontournable de la chanson avec 20 albums, 23 ans de tournée et plus de 300 chansons écrites pour Piaf, Reggiani, Montand...
Georges Moustaki
est né "Giuseppe Mustacchi", de parents grecs, à Alexandrie (Egypte) le 3 mai 1934.Instrumentiste, auteur-compositeur-interprète, poète, ses oeuvres seront souvent chantées par les plus grands : Piaf, Reggiani, Barbara, Dalida, Montand, Salvador entre autres...Georges Moustaki se révèle comme interprète en 1969 avec "Le Métèque".Il compose pour le cinéma, aime également écrire, dessiner et peindre.Il parcourt la France et la planète (parfois à bord de sa moto) pour rencontrer ses amis, en découvrir de nouveaux et chanter partout sa révolution permanente.
Un homme simple, naturel, vif et amusant, piquant parfois... Barbara dit un jour :"Moustaki, c'est ma tendresse". Un mot qui lui va à ravir.
Georges Moustakipasse rarement plus d'un mois sans changer de pays. Il lui suffit de poser son sac pour être partout chez lui autour de la M�diterran�e, au Brésil, dans tous les pays d'Amérique Latine ou au Japon. Ses chansons le racontent, Ulysse musicien, à travers voyages et rencontres.
En 1969, chanson d'amour et autoportrait ("métèque, juif errant et pâtre grec"), l'un de ses plus grands succès fait le tour de la planète (dans une douzaine de langues) et lui ouvre les portes d'une soixantaine de pays. Un bonheur pour l'enfant d'Alexandre qui, sur le port face à la mer, rêvait de découvrir le Mexique, le Japon et la Palestine tout en baignant dans le creuset de langues et de cultures d'une ville mythique.Celle du poète Cavafy et du "Quatuor d'Alexandrie", de l'écrivain irlandais Lawrence Durrell, et où Georges Moustaki a grandi à la fin des années 30."L'Alexandrie de mon enfance - se souvient-il - c'était le monde en réduction avec toutes les races et toutes les religions. Je suis rarement étranger quelque part car je trouve toujours une référence à Alexandrie dans les langues que j'y ai entendues, les odeurs que j'y ai respirées ou les couleurs..."
Son père, Nessim, parle cinq langues. Sa mère, Sarah, six.Dans la cour de L'Ecole Française (où ses parents l'inscrivent avec ses deux soeurs), véritable Tour de Babel, les enfants s'interpellent en arabe, italien, grec, turc, arménien ou maltais. Voire en anglais, la langue de l'administration du Royaume d'Egypte sous tutelle britannique.
Je vous chante ma nostalgiene riez pas si je rougismes souvenirs n'ont pas vieillij'ai toujours le mal du pays- Alexandrie -
Georges Moustaki
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De son vrai nom Yussef Mustacchi, Georges Moustaki est un auteur, compositeur et interprète. Né à Alexandrie, en Égypte, le 3 mai 1934, de parents grecs originaires de l'île de Corfou, il grandit dans un environnement multiculturel (juif, grec, italien, arabe, français) et se passionne vite pour la littérature et la chanson française (et notamment Édith Piaf).
Venu à Paris en 1951, il exerce la profession de journaliste, puis de barman dans un piano-bar, ce qui l'amène à fréquenter des personnalités du monde musical de l'époque. Il entend ainsi Georges Brassens se produire un soir, et c'est pour lui une révélation. Il n'aura de cesse par la suite de faire référence à son maître, allant jusqu'à adopter son prénom en son hommage. En 1958, il rencontre Édith Piaf, pour qui il écrira une de ses chansons les plus connues, Milord. Il aura avec la grande dame une relation fougueuse mais courte. Tout au long des années 1960, il se positionne comme un compositeur parolier pour les grands noms de la chanson française comme Yves Montand, Barbara et surtout Serge Reggiani. Il crée alors des chansons qui resteront parmi ses plus grand succès: Sarah, Ma Solitude, Joseph et Ma Liberté ou encore La longue dame brune qu'il interprète alors en duo avec Barbara.
En 1968, il écrit, compose et interprète Le Métèque, une ballade romantique qui parle d'un étranger un peu éthéré, doux rêveur, sans attache. C'est un succès populaire ; elle marque un nouveau début de sa carrière d'artiste. En janvier 1970, il fait son premier grand concert en vedette à Bobino. On découvre alors un artiste qui privilégie une ambiance chaleureuse, de proximité avec son public.
Pendant les trois décennies suivantes, il parcourt le monde pour se produire mais surtout pour trouver de nouvelles inspirations.
Ses disques se succèdent et ne se ressemblent pas. Ce musicien prolifique continue sa route, trouvant dans les tournées suivant les sorties de ses nouveaux albums le prétexte pour rencontrer une nouvelle fois son public.
1969: Le Métèque Polydor
1971: Georges Moustaki
1972: Moustaki
1973: Déclaration
1974: Moustaki
1975: Moustaki
1976: Moustaki
1977: Moustaki
1992: Méditerranéen Polygram
1996: Tout reste à dire Sony Tristar
2003: Moustaki Virgin
2005: Vagabond Virgin UK
Lives [modifier]
1971: Bobino 70 Polydor
1973: Moustaki en concert
1975: Moustaki Live
1977: Olympia 1977
1988: En public au TLP Dejazet Ades
2000: Olympia 2000 Polydor
2002: Presqu'en solo - Live à la Philharmonie de Berlin Troubadour Records (double live)
Biographie de Georges Moustaki
Né de parents grecs, Georges Moustaki s'intéresse très tôt à la littérature et à la chanson françaises. Son bac en poche, il quitte l'Egypte pour Paris, où il gagne de l'argent en vendant des livres de poésie au porte-à-porte. Il commence à gratter sa guitare et à écrire des chansons. Sa rencontre avec Georges Brassens dans un cabaret l'encourage à persévérer dans la musique. Il se fait présenter à Edith Piaf : c'est la naissance d'une histoire d'amour tumultueuse. Il écrit pour la chanteuse le célèbre titre 'Milord'. Grâce au label Pathé Marconi, il enregistre plusieurs 45 tours. En 1966, il présente à sa maison de disques le titre 'Le Métèque', d'abord refusé. Cette même année, il rencontre Serge Reggiani pour qui il écrit 'Sarah', 'Votre fille a vingt ans', 'Ma liberté' ou 'Ma solitude'. Il signe également pour Barbara le titre 'La Longue Dame brune' qu'ils chantent en duo. En 1969, il est révélé au grand public grâce à sa chanson 'Le Métèque'. Il se produit alors sur scène et enchaîne les albums, mêlant différentes cultures - 'Danse', 'Déclaration', 'Humblement il est venu', 'Si je pouvais t'aider' et 'C'est là' en 1981. Maxime Le Forestier lui signe même plusieurs titres dont 'La Chanson de Jérôme'. En 2002, it sort, à l'âge de soixante-huit ans, un coffret de dix CD, puis l'album 'Moustaki' et en 2005 l'opus 'Vagabond'. Véritable passionné, Georges Moustaki a consacré sa vie à la musique.
Avec sa gueule de voyageur
INTERVIEW DE GEORGES MOUSTAKI
C'est un poète, un chanteur, un vagabond qui a traversé les époques et les modes. Il revient aujourd'hui avec un album aux couleurs brésiliennes et monte sur une scène qu'il n'a jamais vraiment quittée. Rencontre avec un hédoniste...
Comment est né le projet de ce nouvel album intitulé 'Vagabond' ? La même démarche depuis toujours : en proposant des chansons à ma maison de disques. Ce qui a changé c'est que lorsque Virgin a écouté les maquettes, ils m'ont proposé d'enregistrer au Brésil. C'est un pays que j'aime particulièrement et qui, d'un point de vue professionnel, a des qualités exceptionnelles. La chanson 'Bahia', les photos sur la maquette sont nées d'une concertation qui est partie de mon goût pour le Brésil, de mes amitiés pour certains musiciens, certains compositeurs, certains chanteurs... J'ai enregistré plusieurs disques à l'étranger, le travail se concentre sur une durée déterminée. On ne s'étale pas en se réécoutant avec complaisance, en disant on va changer ça ou ça. On prépare tout ce que l'on peut avant le départ et une fois là-bas, on est vraiment centré sur ce que l'on a à réaliser. Dans un pays comme le Brésil où les talents musicaux sont remarquables, le travail est très efficace. Il y a donc des musiques qui sont inspirées par ma relation avec le Brésil, comme 'Cet amour' ou mon hommage à Tom Jobim qui s'intitule 'Tom'. Mais je ne pensais pas du tout à enregistrer là-bas, c'est le fruit d'une concertation.
Vous y évoquez l'ivresse, les plaisirs de la chair et des sens, l'amour, la nature : peut-on dire de vous que vous êtes un épicurien ?Vous savez les épicuriens étaient des gens très ascétiques. Ils faisaient de leurs pulsions, de leurs plaisirs quelque chose de très sérieux. Ce n'était pas se lever tard, manger n'importe quoi ou coucher avec n'importe qui. C'était un art de vivre. Je veux bien être un épicurien dans ce sens. Un épicurien, un hédoniste et sybarite... qui exalte l'art de vivre et le goût de la vie. Une amie a fait le rapprochement avec Omar Khayam qui, dans ses quatrains, célèbre la prise au sérieux des choses que l'on dit futiles mais qui ne le sont pas finalement. Mais il y a également une tonalité plus grave dans ce disque. Je n'ai pas qu'une seule facette. 'Le Soldat' est une chanson importante pour quelqu'un comme moi qui est né au Moyen-Orient. Là-bas, les combats n'ont jamais cessé depuis des décennies et des décennies. La guerre n'y est jamais finie. Même si en Europe, on a tourné une page avec la guerre, là-bas elle continue. J'en ai conscience et j'ai voulu apporté une contribution, un message anti-belliciste. Et puis, il y a une chanson sur ma mère qui est partie d'une idée assez drôle des mères juives un peu abusives mais qui au fond sont des êtres exceptionnellement chaleureuses et irremplaçables. Les femmes en général sont omniprésentes dans vos chansons. L'amour qu'on peut leur porter est une chose très importante à vos yeux ?Je crois oui ! Quand on est un homme. Il y a toujours une part autobiographique et une part d'imaginaire quand on écrit une chanson. Les femmes sont les êtres qui nous complètent, qui complètent nos pulsions de désir, d'amour et de tendresse. Elles sont également synonymes de souffrances puisque les amours sont quelquefois impossibles. Tout cela donne à mon rapport aux femmes une importance particulière et exceptionnelle. 'Vagabond' aujourd'hui, 'Juif errant' hier. Est-ce le regard que vous portez sur votre vie ? Une vie pendant laquelle vous ne vous êtes jamais posé ?Je me suis laissé porter. Je n'ai pas décidé de voyager, ni de vivre comme je vis. C'est la vie qui m'a porté, qui m'a tenté, qui m'a ouvert des portes.
Et qui vous a offert de belles rencontres ? Je bénis le ciel d'avoir fait toutes ces rencontres ! Quand on fait la connaissance de Brassens au début de sa carrière et qu'il vous encourage, qu'il porte sur vous un regard bienveillant, cela marque. J'ai écrit à 20 ans une chanson avec Henri Salvador qui était et qui reste la personnalité que l'on sait. J'ai vécu avec Edith Piaf pendant un an entre 23 et 24 ans. Je lui ai écrit une chanson, 'Milord', le fruit de cette rencontre. Puis Barbara m'a présenté à Reggiani. Il a fait de moi un chanteur puisque c'est en refusant certaines de mes chansons - qui selon lui me convenaient plus - que je suis devenu chanteur. Toutes ces rencontres professionnelles ont été importantes pour moi, mais derrière elles, il y a toutes les émotions que donnent des rencontres plus anonymes, quelquefois plus fugitives mais qui laissent une empreinte. Quand on vit de la manière dont je vis c'est-à-dire en bougeant continuellement, les choses s'exacerbent. Parfois je passe un jour ou deux dans un pays et j'ai l'impression d'absorber beaucoup de ce qu'il peut me donner. Le temps est court donc l'intensité augmente. Des rencontres au Brésil ?Il y a eu un avant et un après le Brésil. Avant d'aller au Brésil, j'étais un lecteur des romans de Jorge Amado et je ne savais pas qu'un jour, j'irais à sa rencontre. En me rendant à un festival de musique en 1972, j'ai été accueilli comme on m'a rarement accueilli. Avec fraternité. Il y avait des chanteurs comme Chico Buarque, Jobim... Et parmi eux Jorge Amado qui m'a invité à dîner chez lui. Ce n'était pas un acte mondain. Il avait une affection personnelle pour mes chansons et nous avons entretenu notre relation jusqu'à sa mort. Il m'a même fait un cadeau : je suis l'un de ces personnages ; il me fait dire des choses qu'il avait envie que je dise et je me rends compte en le lisant de ce qu'il pensait. C'est merveilleux d'avoir rencontré ces gens. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé avec une famille d'adoption qui m'a donné un toit, m'a ouvert ses bras, m'a fait connaître la ville de Bahia. J'ai plusieurs patries. Je suis né en Egypte, je suis venu en France, je suis d'origine grecque et le Brésil est venu se greffer à ces pays... avec force.
Sur la scène française actuelle, quels sont les artistes avec lesquels vous aimeriez collaborer ?Je suis monté sur scène récemment avec quelqu'un que, je dois l'avouer, je n'appréciais pas à 100%. Mais quand je m'en suis approché, que je l'ai écouté et que je l'ai connu, j'ai eu l'impression de trouver un ami : Vincent Delerm. Nous avons partagé une scène à Alençon pour un gala de soutien pour la ligue contre le cancer. Nous avons passé la soirée ensemble, chanté sur scène, dîné et échangé des propos. Ce fut un moment agréable. Aujourd'hui, la scène française est pleine de valeur. C'est même étonnant que l'on ne s'en rende pas plus compte. Quand j'écoute la radio, j'entends tellement de choses insipides alors que sur scène il y a vraiment des artistes de qualité : Sanseverino, Jeanne Cherhal, Vincent Delerm, Benjamin Biolay. Je ne suis peut-être pas très objectif car j'ai un réel penchant pour cette scène-là, mais je pense que la chanson est actuellement dans une période faste. A quand une chanson avec l'un de ces nouveaux talents ?Il faut laisser le hasard faire les choses. Je n'écris pas des chansons par devoir mais parce que j'aime ça. Si par la magie d'une rencontre naît une chanson, pourquoi pas ! C'est ce qui s'est passé avec Barbara. Nous avons écrit des duos. Nous passions des après-midi à nous amuser, à pianoter ou à chercher des accords sur une guitare. Nous composions des chansons, par hasard. La scène d'aujourd'hui c'est également la Star Ac' et autres émissions de téléréalité mélomanes. Quel regard le grand monsieur de la chanson française porte-t-il sur ce genre d'émissions?Quand j'avais 15 ans, j'ai participé à un radio-crochet. Je trouvais cela valable comme tentative. Je comprends donc qu'ils le fassent. Ce qui me dérange aujourd'hui c'est que l'on monte cela en épingle. Tout est réalisé de manière ultracommerciale, ultraprofessionnelle. Et cela fait des victimes. Au temps des radio-crochets de province ou de quartier, il s'agissait de démarches artisanales : l'enjeu n'était pas si important. Désormais, on fait miroiter aux jeunes des objectifs mirobolants et s'ils ne les atteignent pas, ils se sentent blessés. Certains perdants sont très amers. Pour ma part, j'aime bien que les choses ne se fassent pas avec un esprit de compétition. Le destin m'a fait réaliser de belles rencontres. Ce n'était pas avec un radio-crochet que l'on pouvait approcher Monsieur Brassens. Or, il a joué un rôle prépondérant dans ma vie, il m'a donné une main généreuse et chaleureuse et le goût d'exercer mon métier.
Un métier dont l'essence même reste et demeure la scène ?Pendant 10 ans entre 59 et 69, je me suis tenu un peu en retrait et puis j'ai écrit et chanté le métèque et ça a fait de moi un artiste demandé. Depuis, je n'ai pas arrêté de partir en voyage et en concerts... Ma tournée actuelle est la suite de ce que je fais depuis 50 ans. Mon répertoire s'enrichit. C'est d'ailleurs un problème car si je chante ce que j'ai composé et ce que je compose, mes concerts dureraient 4 heures. Je fais donc un choix. Je compose intuitivement. Je crée un itinéraire. Ce jour-là, nous irons en Amérique latine, en passant par le Japon et le Moyen-Orient. Un itinéraire de souvenirs, de rencontres. Je bâtis un tour de chant comme on ferait un itinéraire de voyage avec des escales... et des improvisations inévitablement. Et c'est ça qui m'intéresse. Je ne suis pas là pour fournir un produit fini, car je m'ennuierais et j'ennuierais très vite les gens.
Propos recueillis par Mélanie Carpentier pour Evene.fr - Décembre 2005
Biographie de Georges Moustaki
Avec sa gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec, de voleur et de vagabond, Georges Moustaki n’en est pas moins une des grandes énigmes de la chanson française et internationale. Comment celui qui reste une éloge de la paresse à lui tout seul est-il un des auteurs compositeurs interprètes les plus prolifiques de ces dernières années ? La carrière de Moustaki pose une vraie question en forme de casse tête. Est-il possible d’être paresseux lorsqu’on passe sa vie à chanter la paresse ? Yussef Mustacchi naît à Alexandrie, en Egypte, le 3 mai 1934. Ses parents qui tiennent une librairie, sont très attachés à la culture française. Raison pour laquelle ils inscrivent leur fils dans une institution scolaire française. C’est dans une ambiance cosmopolite que débute la vie du jeune Yussef. A la maison, on parle italien, dans la rue les enfants parlent arabe, et à l’école, on parle français. En 1951, le bac en poche, il obtient de son père l’autorisation d’aller vivre à Paris où il sera hébergé par sa sœur et son beau-frère, lui aussi libraire. Quant il n’est pas occupé à gagner de l'argent en vendant des livres au porte-à-porte, il s’essaie à la musique, sur la guitare que sa mère lui a offerte. Et un soir, sur la scène du cabaret Les Trois Baudets, il assiste au tour de chant de Georges Brassens. Cette rencontre constitue le premier grand choc artistique de sa vie. Il fait écouter quelques chansons à son aîné qui le pousse à persévérer. Yussef Moustacchi devient alors Georges Moustaki, en hommage au maître. Par hasard, les deux hommes se recroisent très peu de temps après dans la boutique du beau-frère de Moustaki. Fort de ces encouragements, il va réussir à placer quelques une de ses chansons dans des cabarets parisiens. En 1958, Le guitariste Henri Crolla lui présente Edith Piaf, avec qui Moustaki vivra une histoire d’amour tumultueuse. C’est pour elle qu’il écrit "Milord", dont la musique est signée Marguerite Monnot. L’année 1966 marque le début de sa collaboration avec l’acteur Serge Reggiani, qui souhaite débuter une carrière de chanteur. Moustaki lui écrit quelques titres inoubliables comme "Ma liberté", "Sarah", "Votre fille a vingt ans", "Ma solitude". Ce "duo" obtient un grand succès auprès du public. Si Moustaki fait ses débuts sur une scène importante en 1968, en remplaçant sa complice Barbara victime d’un malaise, c’est en 1969 qu’il est révélé au grand public en tant qu’auteur compositeur interprète, avec la sortie du 45 tours "Le métèque". La même année, il reçoit le prix de l’académie Charles Cros. Il enchaîne alors les tournées internationales et les albums mêlant différentes influences, notamment avec "Danse" et "Déclaration" dans lequel il affirme sa passion pour la musique brésilienne. En 1974, l’album "Les amis de Georges" rend hommage à Brassens. Les années qui suivent, il sort entre autres "Humblement il est venu", "Si je pouvais t'aider" et "C'est là". "Vagabond", sorti en 2005 est le dernier album en date de ce dilettante assumé, infatigable paresseux.
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~ Thomas Staiber